Le cacique Emyra Wajapi, le 23 juillet 2019 ; Paulo Paulino Guajajara, gardien de la forêt le 1er novembre 2019 ; le cacique Prexede Guajajara et Raimundi Benicio Guajajara, le 7 décembre 2019 ; Humberto Peixoto Tuiuca le 2 décembre 2019… La liste des personnes autochtones assassinées au Brésil n’a cessé de s’allonger tout au long de l’année.

En 2018, 135 autochtones ont été assassiné.e.s, un.e toutes les 48 heures, contre 56 en 2016, soit une augmentation de  141%. Ces crimes restent bien souvent impunis, leurs auteurs sont rarement poursuivis par la justice.

La Constitution brésilienne de 1988 reconnait des droits aux peuples autochtones et affirme le principe de diversité culturelle. Pourtant, les droits fondamentaux des peuples autochtones sont régulièrement bafoués et remis en question.

Le territoire est un aspect central des modes de vie, cultures et identités des différents peuples. La lutte pour leur délimitation qui assurerait leurs droits fonciers est une revendication historique. Sur le sujet, l’Articulation des peuples autochtones du Brésil (APIB) affirme : « La démarcation des terres autochtones représente une garantie de protection pour la forêt et les personnes qui en dépendent pour leur subsistance. La terre est la base de l’habitat d’un peuple et la durabilité des richesses naturelles qui y sont présentes assure la reproduction physique et culturelle des peuples autochtones. ». Or la démarcation des territoires est aujourd’hui paralysée pour de nombreux dossiers et les attaques se multiplient. En 2018, 111 cas d’invasion pour l’exploitation illégale de ressources naturelles sur les territoires autochtones ont été rapportés, contre 96 en 2017. 160 cas ont été recensés pour les 9 premiers mois de 2019 dans 19 États du Brésil, avec des procédés de plus en plus violents.

Cette impunité est renforcée par le discours tenu par Jair Bolsonaro contre les peuples autochtones –   « nous allons les intégrer à la société »– qui rejette les différences et renoue avec une politique d’assimilation.

Les organisations de lutte pour le respect des droits des peuples autochtones réalisent un travail pour rendre visible cette violence. Elles recensent et compilent des données précises sur les attaques subies par les populations autochtones. Plusieurs campagnes ont été par ailleurs lancées pour dénoncer les assassinats d’autochtones. En avril 2019 a eu lieu le 15e Camp Terre Libre (Acampamento Terra Livre), événement phare pour les peuples autochtones brésiliens et leurs organisations, rassemblant plus de 4000 personnes. Dans le document final, ils ont dénoncé avec véhémence l’attitude d’un gouvernement qui vise à les « exterminer »

Les peuples autochtones résistent. Résister n’est pas un crime.

Les chiffres :

– Nombre de personnes autochtones assassiné.e.s :
2016 : 56
2017 : 110
2018 : 135
 
– Nombre d’invasions sur les territoires autochtones pour exploitation illégale des ressources naturelles :
2016 : 59
2017 : 96
2018 : 111
2019 : 160